
Le projet de réaménagement de la place de la République a particulièrement attiré la réflexion du Conseil Local du Handicap. Celui-ci a été associé en amont à ce projet, en participant à des marches commentées et en présentant une première contribution sur le traitement du handicap dans ce projet de réaménagement. Le 30 juin 2010, une réunion spécifique a été organisée à la mairie du 3ème arrondissement afin de présenter les premiers éléments du projet au Conseil Local du Handicap.
Cette contribution est divisée en deux parties. Un certain nombre d’éléments du projet présentés pendant la réunion tiennent déjà compte des situations de handicap. Dans la première partie de la contribution, le CLH souhaite rappeler son attachement à ces principes, et y apporter des suggestions d’amélioration. La deuxième partie est issue de propositions spontanées de participants pendant cette réunion.
- 1. Eléments du projet essentiels pour le Conseil Local du Handicap, et points d’amélioration
1.1. Espace public
Mobilier urbain
- Répartir des points de repos et de station assise pour des personnes qui éprouvent une fatigue à la marche. Le projet prévoit un certain nombre de bancs sur l’esplanade. Ceux-ci doivent être répartis régulièrement sur toute cette esplanade.
- Prévoir un mobilier urbain adapté aux situations de handicap. Un mobilier urbain amovible est idéal pour les situations de handicap. Cependant, le projet prévoit des bancs en béton, peu en adéquation avec cette proposition. Il faut dans ce cas veiller à proposer un mobilier urbain à des hauteurs variées, dont une partie au moins sera dotée de dossiers.
Eclairage public
- Fournir un éclairage public adapté aux personnes handicapées. Le dispositif d’éclairage public, conçu par Yann Quersalé, a suscité l’enthousiasme de la part du Conseil Local du Handicap. Il faut cependant rappeler deux points essentiels à prendre en compte :
- Veiller à une luminosité suffisante pour les personnes à vision réduite
- S’appuyer sur cet éclairage public pour faciliter le repérage sur la place (éclairage des bancs, emmarchements, etc.)
Végétaux
- Prendre des précautions dans le choix des essences. Elles devront être compatibles avec une santé fragile, et non allergènes.
1.2. Organisation de l’esplanade
- Rendre accessible les kiosques aux personnes à mobilité réduite. A l’heure actuelle, rien n’est définit quant aux usages et aux formes de ces kiosques de 90 m², qui dépendront des propositions issues de la concertation. Leur implantation de plain-pied est confirmée par Vincent Hertenberger, élément auquel le Conseil Local du Handicap est particulièrement attaché.
- Prévoir des espaces abrités. En cas de forte pluie, les personnes à mobilité réduite éprouvent des difficultés à s’abriter. L’esplanade étant une surface très large, il faut prévoir des abris réguliers sur cet espace. Les kiosques pourraient jouer ce rôle.
- Garantir une continuité de mouvements sur l’esplanade. En raison de la très légère pente de la place du sud au nord, des emmarchements viennent délimiter les trois terrasses au nord. Cependant, un principe de continuité de l’espace a été adopté, il sera possible de traverser entièrement l’esplanade sans emprunter de marches.
- Sécuriser les déplacements sur l’esplanade. Les cyclistes et les piétons se partageront cet espace. Il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas de conflits d’usage entre les deux, notamment pour les personnes à vision réduite. Peut-être faudrait-il envisager un marquage au sol sur cet espace ?
1.3. Déplacements
Déplacements piétons
- Permettre une circulation aisée autour de la place. Tous les trottoirs périphériques sont élargis. Ils passent de 8 à 9,5 mètres.
- Améliorer la continuité entre le sud de la place et le trottoir du Boulevard du Temple. Á l’heure actuelle, l’accès au Boulevard du Temple est uniquement accessible par des emmarchements, inaccessible aux personnes à mobilité réduite. Vincent Hertenberger confirme que l’aménagement d’une rampe permettant d’accéder à la partie haute du trottoir n’est pas réalisable techniquement. La solution consisterait plutôt à élargir le trottoir en partie basse, à l’heure actuelle trop étroit pour permettre la circulation en fauteuil roulant.
- Permettre des traversées de voirie pratiques et sécurisées. Tout autour de la place, les passages piétons seront élargis (10 mètres contre 3 en moyenne à Paris). La traversée pourra s’effectuer en une fois. Cependant, pour les personnes souhaitant faire une pause au milieu, des îlots de plain-pied seront aménagés. Leur volume de 3 x 10 mètres évitera l’effet « baïonnette ».
Transports en commun
- Améliorer l’accès aux transports en commun. Le regroupement des transports en commun au nord de la place permet des correspondances plus aisées et plus rapides. Cependant, il est regrettable que des ascenseurs ne puissent être aménagés pour permettre l’accès à la station de métro République. A défaut de cet aménagement, il faut améliorer la visibilité des stations de métro existantes.
- Sécuriser les rapports entre les différents modes de transport
- Au nord de l’esplanade, le projet prévoit un espace partagé limité à 15 km/h entre les bus, les taxis, les cycles et les piétons. Il faut veiller à instaurer une grande différence visuelle (par les matériaux utilisés ou un jeu de couleur) afin que les limites entre les voies de bus / taxis et l’espace piéton soient clairement identifiables. L’utilisation d’un signal sonore tel que celui utilisé sur l’esplanade Saint Paul pourrait être une solution complémentaire. Cependant, la Direction de la Voirie et des Déplacements a confirmé que des consignes seraient données aux conducteurs de bus afin de respecter strictement la vitesse de 15km/h.
- Le sud de la place sera réparti entre un trottoir de 9,5 mètres, une piste cyclable bidirectionnelle, une bande technique (comprenant des espaces de stationnement vélos/motos/taxis/livraisons et l’arrêt de bus n° 20) et la voie réservée aux voitures. La proximité avec la piste cyclable et les espaces de stationnement pour les personnes attendant le bus n° 20 incite à mettre en place un système sécurisé pour éviter les conflits d’usage. Il faudrait par exemple marquer la séparation entre le trottoir et la piste cyclable, au moyen d’une différence de niveau au sol.
- L’implantation des arrêts Paris Accompagnement Mobilité (PAM) n’a pas encore été déterminée. Il s’agit de choisir un emplacement garantissant la sécurité des usagers de ce service.
- 2. Propositions des participants
2.1. Signalétique
A l’heure actuelle, il est difficile de se repérer sur la place, et les personnes en situation de handicap sont les premières touchées par cette situation. Il faut mettre en place une signalétique claire et adaptée à toutes les situations de handicap.
- Reprendre une signalétique connue des personnes handicapées. Une réflexion doit être menée sur le choix des pictogrammes et des couleurs, afin de parvenir à une signalétique commune à l’échelle la plus large possible (ébauche d’une signalétique européenne par exemple). Elle permettrait une appréhension plus rapide du lieu et un repérage simplifié.
- Faire le choix d’une signalétique non-stigmatisante. Un revêtement spécial de guidage pour les malvoyants pourrait s’inspirer de la signalétique incrustée dans le sol, donc non stigmatisante, du 104.
- Adapter la signalétique. La signalétique mise en place, notamment les plans de la place ou de la ville, devra être facilement lisible. Il faut veiller à les implanter à une hauteur adaptée, et avec un lettrage permettant aux personnes malvoyantes de les consulter aisément.
- Prendre en compte le handicap psychique. De grands espaces peu lisibles tels que la Place de la République sont difficiles à appréhender pour les personnes psychiquement fragiles. Le choix des pictogrammes et de la couleur doit en tenir compte. La couleur blanche est par exemple préférée, car apaisante.
2.2. Revêtement des sols
- Aménager des revêtements anti-dérapant sur l’ensemble de l’esplanade. A l’heure actuelle, le projet prévoit un revêtement en larges dalles de béton, qui peuvent notamment être anti-dérapantes. Le Conseil Local du Handicap réaffirme l’importance de cette disposition.
2.3. Accessibilité des commerces
Les commerces ne sont pas assez accessibles aux personnes à mobilité réduite sur la place de la République. Il faudrait des rampes en pente douce à chaque pas-de-porte.
- Encourager les commerçants à rendre leur enseigne accessible. La ville de Paris ne peut pas aménager ce type de dispositif, c’est aux commerçants de se mettre aux normes. Les grandes chaînes de magasins de la Place de la République vont être prochainement contactées par la Ville de Paris, afin de leur permettre de mener une réflexion sur la compatibilité du projet avec la mise aux normes de leurs pas-de-porte. Il est indispensable de leur faire prendre conscience de l’importance de l’accessibilité de leurs magasins.
- Proposer des solutions spécifiques pour l’aménagement des bâtiments anciens. Les bâtiments anciens protégés ne peuvent parfois pas faire l’objet d’aménagements standards. L’Architecte des Bâtiments de France (ABF) a monté des concepts innovants en la matière. Ces dispositifs doivent être exposés aux commerçants concernés.
Le Conseil Local du Handicap

















S'identifier ou s'inscrire !